Armstrong MA MK2, Performance MK2 et Performance-X : le point sur les mâts et la gamme foil

La gamme de mâts carbone Armstrong se décline en trois niveaux : le MK2 (15,8 mm d'épaisseur, dès 919 €), le Performance MK2 (13,8 mm, dès 1 689 €) et le Performance-X (12 mm de carbone ultra haut module, dès 2 399 €). Trois constructions, trois rigidités, trois budgets, pour un même système de fuselage titane-carbone.

Test des mâts et de la gamme foil Armstrong MA MK2, Performance MK2 et Performance-X par Hadou Brunner

Cet article s'appuie entièrement sur le test vidéo de Hadou Brunner. Merci à lui d'avoir passé plusieurs semaines sur la gamme Armstrong et d'en livrer un retour aussi détaillé. Nous relayons ses observations, nous n'avons pas testé ce matériel nous-mêmes. La vidéo complète est juste en dessous, et elle vaut le détour.

Armstrong intrigue depuis longtemps : une finition réputée, des riders visiblement heureux de leur matériel, et une architecture de foil qui ne ressemble à aucune autre. L'occasion de faire le point sur ce que valent réellement les trois mâts de la série.

Première chose à savoir : Armstrong ne raisonne pas en millésimes mais en versions. Un MK2 n'est pas un modèle 2026, c'est la deuxième génération d'une pièce, qui peut vivre plusieurs saisons. Ça change la lecture de la gamme, et ça explique pourquoi mâts et ailes ne se renouvellent pas au même rythme.

Le matériel passé en revue : les mâts MK2, Performance MK2 et Performance-X en 79,5 cm, le fuselage TC 60 cm, les ailes MA MK2 690 et 790, la HA V2 680, l'UHA 770, les stabilisateurs Dart 140, Speed 180 et Surf MK2 130, plus la X-Wing 4 m² et la midlength FG MK2 55 L.

📋 Ce test en bref

Marque : Armstrong Foils
Testeur : Hadou Brunner, gabarit léger
Mâts : MK2, Performance MK2, Performance-X, tous en 79,5 cm
Fuselage : TC 60 cm, carbone à colonne titane, A+ System
Ailes : MA MK2 690 et 790, HA V2 680, UHA 770
Stabs : Dart 140, Speed 180, Surf MK2 130
Pratiques : wing, surf foil, parawing, pumping
Prix mâts : de 919 € à 2 549 € selon la série et la taille
Verdict : une gamme sans fausse note, où le mât se choisit surtout en fonction de l'envergure d'aile et du gabarit

TROIS MÂTS, TROIS NIVEAUX DE GAMME

Le point commun des trois mâts : la même interface, le même fuselage, la même visserie. Ce qui change, c'est le profil et la construction. Plus on monte en gamme, plus le mât s'affine, plus la corde se réduit, plus la rigidité augmente. Un mât fin traîne moins et se pilote plus finement, mais il ne peut le faire que si sa raideur suit.

Attention à ne pas lire la gamme comme une simple échelle de raideur. Armstrong annonce, par rapport au Performance MK1, un gain de 30 % de rigidité en flexion et de 20 % en torsion pour le Performance MK2, et un gain de 10 % de rigidité pour le Performance-X. Le plus cher n'est donc pas le plus raide.

Ce n'est pas une erreur de la marque, c'est le parti pris. Le Performance MK2 est le mât le plus raide de la gamme. Le Performance-X vise autre chose : la glisse, la traînée minimale et la maniabilité, avec une rigidité qui reste nettement supérieure à celle du Performance MK1. Sur l'eau, Hadou confirme les deux points : le Performance-X est bien plus raide que le MK1 et glisse mieux que tout le reste, mais quand il veut le maximum de raideur, il monte le Performance MK2. Ces pourcentages sont annoncés par Armstrong, pas mesurés indépendamment.

CaractéristiqueMât MK2Performance MK2Performance-X
Épaisseur15,8 mm13,8 mm12 mm
Corde116 mm114 mm106 mm
Poids indicatif (79,5 cm)environ 1,85 kgenviron 1,94 kgnon communiqué
ConstructionCarboneCarbone haut moduleCarbone ultra haut module
Rigidité annoncée vs Performance MK1non communiquée+30 % flexion, +20 % torsion+10 %
OrientationPolyvalence, budgetRaideur maximaleGlisse et finesse
Tailles65,5 / 72,5 / 79,5 / 86,5 cm72,5 / 79,5 / 86,5 / 93,5 cm72,5 / 79,5 / 86,5 / 93,5 cm
Prix TTC919 € à 1 069 €1 689 € à 1 839 €2 399 € à 2 549 €

Le rake varie selon la taille

Détail que peu de marques assument : Armstrong ne donne pas le même rake à tous ses mâts. Les 72,5 et 79,5 cm sont calés à 0,5°, les 86,5 et 93,5 cm à 1°. La logique est simple. Sur les mâts courts, on privilégie le décollage, la plage basse, le surf foil et le pumping. Sur les mâts longs, on cherche le confort à haute vitesse, avec un peu plus d'appui sous le pied avant et une planche légèrement nose up. Un demi-degré, ce n'est pas énorme, mais sur un foil ça se sent.

Une gamme qui commence en aluminium

Il existe aussi un mât aluminium Armstrong, compatible avec un fuselage alu spécifique. Le rappel est utile : la marque n'est pas réservée aux gros budgets, même si les mâts carbone tirent évidemment la gamme vers le haut.

CE QUE LA RIGIDITÉ CHANGE VRAIMENT SUR L'EAU

La vraie question n'est pas de savoir quel mât est le plus raide sur le papier, mais à partir de quand la raideur devient un besoin. La réponse tient en un mot : l'envergure. Plus l'aile est grande, plus elle exerce de couple sur le mât, plus la moindre souplesse se traduit par un retard de réponse et une sensation de flou.

Sur une UHA 770, aile d'un mètre d'envergure, le Performance-X ne montre jamais le moindre signe de faiblesse malgré ses 12 mm d'épaisseur. C'est la surprise du test : la finesse ne se paie pas par un manque de rigidité, et le glide y gagne franchement. La faible corde de 106 mm laisse aussi de la maniabilité quand la vitesse monte.

L'anecdote la plus parlante vient d'une session partagée. Un rider de 85 kg, habitué à une MA V2 790 sur un mât Performance MK1, monte une UHA 770 sur ce même mât et trouve l'ensemble trop souple. Passé sur le Performance-X, le foil se transforme : rendement au pumping, maniabilité, glide, tout se remet en place. Le problème n'était pas l'aile, c'était le mât.

Et le Performance MK2 dans tout ça ? Plus épais, plus de corde, et plus rigide que le Performance-X. En pumping à plat, il tient très bien la comparaison. C'est le mât qui prend son sens dès qu'on empile grande envergure et gros gabarit. Le Performance-X, lui, prend l'avantage dès qu'on cherche à débrider une aile : sa corde de 106 mm préserve la maniabilité quand la vitesse monte, et il glisse mieux.

Sur les ailes MA de surface modérée, un mât MK2 fait déjà le travail. C'est sur les HA et surtout les UHA que le choix du mât devient structurant.

FUSELAGE TITANE-CARBONE ET VISSERIE M7

Le fuselage TC, c'est la signature technique d'Armstrong depuis une dizaine d'années. Visuellement, un cylindre carbone très fin. À l'intérieur, une colonne en titane, visible à l'arrière au niveau de la zone d'accostage du stabilisateur. L'association titane-carbone supprime le risque de corrosion galvanique et autorise un fuselage à la fois très fin et très raide, donc peu traînant. Trois tailles : 50, 60 et 70 cm, à 499 € (voir la fiche produit).

Le 60 cm couvre la majorité des usages. Le 70 cm apporte de la stabilité en tangage, utile en apprentissage et en recherche de vitesse avec une petite aile.

Le détail M7

Armstrong n'est ni en M6 ni en M8, mais en M7. La marque revendique le meilleur des deux mondes : presque la robustesse du M8, sans l'encombrement dans l'insert. Les vis sont en inox 316 avec revêtement titane, les écrous en titane, l'empreinte reste un Torx T30 standard. Le kit livré avec le mât comprend quatre vis, quatre écrous et une cale de rake de 0,5°.

Assemblage et cales couleur

Trois vis sur le dessus pour l'aile avant, avec contre-vis. Deux vis pour le stabilisateur. Et un système de cales à code couleur, bleu, rouge ou gris, qui remplace les degrés. Chez Armstrong on ne dit pas un demi-degré, on dit la cale rouge. C'est simple, lisible, et ça évite les erreurs de réglage.

La limite du système

Le fuselage s'emboîte dans un tube creux en pied de mât, verrouillé par une vis transversale. Conséquence : impossible de retirer l'avion en laissant le mât sur la board. C'est un peu fastidieux. En revanche, tant que mât et fuselage restent assemblés, l'aile avant et le stab se démontent en quelques secondes.

LES AILES : MA MK2, HA V2 ET UHA

MA MK2, le carving

Allongement d'environ 8. Sur le papier, c'est modeste. Sur l'eau, la 690 pompe bien mieux que ce chiffre ne le laisse imaginer, y compris pour reconnecter en surf foil. L'explication tient à l'hydrodynamique globale : accostages sans couture, fuselage ultra fin, pied de mât affiné par rapport à la V1. Le rail to rail est particulièrement sain, sans flottement, et l'aile génère de la vitesse dans la courbe. Si tu es un gabarit léger, la 690 sera plus pertinente que la 790. De 799 € en 490 cm² à 1 049 € en 1390 cm².

HA V2, l'intermédiaire

La 680 donne plus d'appui, relance à plus basse vitesse, et offre plus de glide qu'une MA. Le ressenti de glisse reste en dessous d'une UHA 770, mais la maniabilité est loin d'être pénalisante, surtout associée au Surf MK2 130. C'est le compromis assumé si tu cherches une seule aile qui fait tout. De 769 € à 949 €.

UHA, la parawing et le downwind

Allongement d'environ 12,6 sur la 770. Glide maximal, relance quasi inexistante même dans des bumps mous, et une maniabilité qui reste exploitable pour carver. Grande envergure, mais l'ensemble est léger et le comportement de surface est propre : quand une oreille sort, l'aile raccroche sans déventer. Pour un gabarit léger, la 670 serait le meilleur compromis polyvalent. De 1 019 € en 570 cm² à 1 329 € en 1270 cm².

LES STABS : DART, SPEED ET SURF MK2

Gamme volontairement resserrée, mais les stabs se croisent avec toutes les familles d'ailes.

Surf MK2 130 (299 €) : le stab de carving, taillé pour la MA MK2. Il verrouille légèrement le tangage mais donne de la précision et du contrôle à haute vitesse, surtout pour un gros gabarit.

Dart 140 (269 €) : plus fin, plus envergure, beaucoup de projection au pumping et très peu de traînée. Le choix évident en wing light wind et en parawing, notamment avec les UHA.

Speed 180 (269 €) : beaucoup d'appui pour décoller et sauter, du pop à la réception. Prisé par les freestylers du team. Moins glissant qu'un Dart 140, mais plus rassurant sous le pied.

POINTS FORTS ET LIMITES

✅ Points forts

  • Qualité d'assemblage et finition au-dessus du marché, accostages millimétrés
  • Performance-X : rigidité réelle malgré 12 mm d'épaisseur, et le meilleur glide de la gamme
  • Corde de 106 mm qui préserve la maniabilité à haute vitesse
  • Fuselage titane-carbone : fin, rigide, insensible à la corrosion galvanique
  • Cales de stab par code couleur, très lisibles
  • Trous ouverts sur la platine : montage et démontage rapides
  • Une entrée de gamme carbone à 919 € qui reste très correcte

⚠️ Limites

  • Prix du Performance-X : de 2 399 € à 2 549 €, ce n'est pas anodin
  • Impossible de laisser le mât sur la board en démontant l'avion
  • Visserie M7 spécifique : pas de pièce de dépannage générique
  • Pas de parawing dans la gamme actuelle pour compléter le combo
  • Le Performance-X n'a pas été évalué au-delà du 79,5 cm, la question des grandes tailles reste ouverte
  • Hiérarchie contre-intuitive : le mât le plus cher n'est pas le plus raide
  • Le poids du Performance-X n'est pas communiqué par la marque
⚡ À retenir
  • Ailes MA MK2, surfaces modérées : le mât MK2 à 919 € suffit largement.
  • HA V2 et UHA, gabarit standard : le Performance-X est le bon choix si le budget suit. La marge de rigidité est déjà au-delà du besoin.
  • Gabarit 90 kg et plus, UHA 870 et au-delà : le Performance MK2 est le choix de la raison, avec environ 700 € d'écart sur l'enveloppe globale.
  • Grandes tailles de mât (86,5 et 93,5 cm) sur de grandes envergures : le Performance MK2 mérite d'être considéré, la question n'ayant pas été tranchée en 79,5 cm.

LA GAMME ARMSTRONG CHEZ GLISSEVOLUTION

LE VERDICT

Armstrong ne joue pas sur le même terrain que la plupart des marques de foil. L'architecture est atypique, la visserie est propriétaire, le fuselage ne se démonte pas comme ailleurs. En échange, tu récupères une qualité d'assemblage rare, un fuselage titane-carbone qui traîne très peu, et une gamme de mâts qui laisse un vrai choix technique plutôt qu'un simple palier tarifaire.

Le combo complet, mât plus fuselage plus aile plus board plus wing, fonctionne en plug and play. La X-Wing 4 m² passe seule dans les virements, remonte bien au vent et reste neutre en freefly. La midlength FG MK2 est légère et solide. Il manque une parawing maison pour boucler la gamme.

Côté mâts, la conclusion est nette. Si tu restes sur des ailes MA de surface modérée, le MK2 à 919 € est un excellent point d'entrée. Si tu montes sur des HA V2 ou des UHA, le Performance-X justifie son tarif. Et si tu es lourd, ou si tu vises de grandes envergures d'aile et de mât, le Performance MK2 reste le choix rationnel.

💬 L'avis en une phrase

Une gamme sans fausse note, où le vrai arbitrage n'est pas entre trois mâts mais entre l'envergure d'aile que tu vises et le budget que tu acceptes d'y mettre.

FOIRE AUX QUESTIONS

Quelle différence entre les mâts Armstrong MK2, Performance MK2 et Performance-X ?

Trois constructions carbone. Le MK2 fait 15,8 mm d'épaisseur pour 116 mm de corde, dès 919 €. Le Performance MK2 descend à 13,8 mm et 114 mm de corde, dès 1 689 €. Le Performance-X atteint 12 mm et 106 mm de corde en carbone ultra haut module, dès 2 399 €.

Quel mât Armstrong choisir selon mon gabarit et mon aile ?

Sur des ailes MA MK2 de surface modérée, le mât MK2 suffit. Sur des HA V2 et des UHA de grande envergure, le Performance-X apporte une rigidité très au-delà du besoin pour un gabarit standard. À 90 kg et plus, avec des UHA 870 ou 970, le Performance MK2 reste le choix de la raison.

Le Performance-X est-il le mât Armstrong le plus rigide ?

Non, et c'est volontaire. Le mât le plus raide de la gamme est le Performance MK2, annoncé à +30 % de rigidité en flexion sur le Performance MK1. Le Performance-X est annoncé à +10 % sur ce même MK1 : il est plus fin, plus glissant et plus maniable, avec une rigidité largement suffisante pour un gabarit standard.

Pourquoi Armstrong utilise des vis M7 ?

Le M7 est un diamètre intermédiaire. Selon la marque, il approche la robustesse du M8 sans l'encombrement d'un insert M8. Les vis sont en inox 316 revêtu titane, les écrous en titane, et l'empreinte reste un Torx T30 standard.

À quoi sert le fuselage titane-carbone ?

Le fuselage TC A+ System est un tube carbone très fin avec une colonne interne en titane. Le couple titane-carbone évite la corrosion galvanique et permet un fuselage fin et rigide, donc peu traînant. Trois tailles : 50, 60 et 70 cm, à 499 €.

Quelle aile Armstrong pour la parawing et le downwind ?

La gamme UHA, avec un allongement d'environ 12,6 sur la 770. Glide très élevé, rendement au pumping remarquable, maniabilité conservée. De 1 019 € en 570 cm² à 1 329 € en 1270 cm².

Peut-on démonter le foil en laissant le mât sur la board ?

Non. Le fuselage s'emboîte dans le pied de mât et se verrouille par une vis transversale. Il faut retirer l'ensemble mât plus fuselage. En revanche l'aile avant et le stab se démontent très vite.

Le stab Dart 140 est-il polyvalent ?

Il est fin et envergure, orienté projection et glide. Excellent en pumping, wing light wind et parawing. Pour le carving on préfère le Surf MK2 130, pour le freestyle le Speed 180 qui donne plus d'appui au décollage et plus de pop à la réception.

Armstrong sort-il une nouvelle gamme chaque année ?

Non. La marque raisonne en versions, pas en millésimes. Un MK2 n'est pas un modèle 2026, c'est la deuxième génération d'une pièce, qui peut rester au catalogue plusieurs saisons.

Besoin d'un conseil sur ton setup Armstrong ?

Choisir entre un MK2, un Performance MK2 et un Performance-X dépend surtout de ton gabarit et des ailes que tu vises. On en parle de vive voix, ou on te fait essayer.
Magasin Pornichet, 2C Avenue du Gulf Stream, 09 62 64 74 77

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Source : test vidéo de Hadou Brunner, ARMSTRONG MASTS AND FOIL RANGE (MA MKII/HA/UHA). Les prix indiqués sont ceux pratiqués par GlissEvolution et peuvent évoluer. Les gains de rigidité cités sont des données annoncées par Armstrong.

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